FILM | TITRE | ANNEE | REAL...
  • The Maltese Falcon 1941 John Huston
  • The Great Dictator 1940 Charles Chaplin
  • Raging Bull 1980 Martin Scorsese
  • Brazil 1985 Terry Gilliam
  • M le Maudit 1931 Fritz Lang
  • Scarface 1984 Brian de Palma
  • Third Man 1949 Carol Reed
  • Casablanca 1942 Michael Curtiz
  • In Mood For Love 2000 Wong Kar Wai
  • Citizen Kane 1941 Orson Welles
  • Dr. Strangelove 1964 Stanley Kubrick
  • Requiem for a Dream 2000 D. Aronofsky
  • Brutti Sporchi e Cattivi 1976 Ettore Scola
  • Bonnie And Clyde 1967 Arthur Penn
  • Les Triplettes de Belleville 2003 Chomet
  • Singin'in the Rain 1952 Donen & Kelly
  • Festen 1998 Thomas Vinterberg
  • Rumble Fish 1983 Francis Ford Coppola
  • La Haine 1995 Mathieu Kassovitz
  • Le Salaire de la peur 1953 H-G Clouzot
  • Les Ailes du Désir 1987 Wim Wenders
  • C'eravamo Tanto Amati 1974 Ettore Scola
  • Série Noire 1979 Alain Corneau
  • Pink Floyd Wall 1982 Alan Parker
  • A Clockwork Orange 1971 S. Kubrick
  • La Femme du Boulanger 1938 M. Pagnol
  • Le Jour se Lève 1939 Marcel Carné
  • Hôtel du Nord 1938 Marcel Carné
  • Faces 1968 John Cassavetes
  • La Nuit du Chasseur 1955 C. Laughton
  • Macadam Cowboy 1969 john Schlesinger
  • Douze Hommes en colère 1957 S. Lumet
  • Fahrenheit 451 1966 Francois Truffaut
  • La Valse des Pantins 1983 M. Scorsese
  • Le Pigeon 1958 Mario Monicelli
  • Le Visage 1957 Ingmar Bergman
  • Le Beau Serge 1959 Claude Chabrol
  • Maarek Hob 2003 Danielle Arbid
  • Rosetta 1998 L. et J-P. Dardenne
  • The Servant 1963 Joseph Losey
  • Printemps, Eté... 2003 Kim Ki-Duk
  • Mostra de Venise 2006 Résultats
  • Cannes 2006 Résultats du 59e Festival
  • Cannes 2007 Résultats du 60e Festival


  • REALISATEURS-REALISATRICES | ACTEURS-ACTRICES
  • John Cassavetes
  • Quentin Tarantino
  • Shohei Imamura
  • Patrick Dewaere
  • Glenn Ford
  •   GALERIE PHOTOS

      GALERIE BANDES ANNONCES
    Creation ACT COMMUNICATION     | (Ctrl+D pour Firefox) 7 ART CINEMA en FAVORIS   |   7 ART CINEMA In GERMAN   |   7 ART CINEMA In ENGLISH 


      Archives 7 Art Cinéma
      Cinémathèques & Festivals de Cinéma

    7 ART CINEMA
    Brutti Sporchi e Cattivi 1976 Ettore Scola

    Titre Français : Affreux, Sales et Méchants

    Titre original : Brutti Sporchi E Cattivi

    Année : 1976


    Pays :
    Italie - Comédie dramatique - 1h55

    Réalisation : Ettore Scola

    Scénario : Ettore Scola, Sergio Citti, Ruggero Maccari.

    Photographie : Dario Di Palma.

    Musique : Armando Trovajoli.

    Production : Romano Dandi, Carlo Ponti.

    Interprètes : Nino Manfredi (Giacinto Mazzatella), Francesco Anniballi (Domizio), Maria Bosco (Gaetana), Giselda Castrini (Lisetta), Alfredo d'Ippolito (Plinio), Giancarlo Fanelli (Paride), Marina Fasoli (Maria Libera), Ettore Garofolo (Camillo), Marco Marsili (Marce), Franco Merli (Fernando), Linda Moretti (Matilde), Luciano Pagliuca (Romolo), Giuseppe Paravati (Tato), Giovanni Rovini (Antonecchia)...


    LES DERACINES D'ETTORE SCOLA

    Affreux, Sales et Méchants (Brutti Sporchi e Cattivi) est « un spectacle délirant où le gag débridé aboutit à la plus lucide observation sociale », Archive Le Monde , en 1976, Jacques Siclier.


    Ettore Scola, qui fut souvent scénariste de Dino Risi, a tourné une douzaine de films depuis 1964. Nous ne connaissions que Drame de la jalousie (1970) lorsque, cette année, Nous nous sommes tant aimés a révélé ce réalisateur de 45 ans quasi inconnu et lui a donné, son image de marque.

    Peinture de la nostalgie, des illusions et désillusions d'une « génération perdue », Ettore Scola renouvelait la comédie italienne par le réalisme historique, la chronique psychologique et l'éloge de la cinéphilie (références à De Sica, Fellini, Antonioni). On lui fit un succès largement mérité, mais dont pâtit un peu aujourd'hui Affreux, sales et méchants (Brutti Sporchi e Cattivi), présenté au Festival de Cannes et diversement accueilli malgré son grand prix de la mise en scène.


    Il est toujours tentant de définir un cinéaste par un seul film réussi, accompli en son genre, et que tout le monde a apprécié. Avec Ettore Scola, il ne s'agit pas de consécration hâtive, mais d'un malentendu engendré, chez nous, par Nous nous sommes tant aimés, dont la tendresse envers les personnages et la délicatesse de touche ne se retrouvent pas dans Affreux, sales et méchants, comédie d'humour noir située dans un bidonville romain. Que Scola, homme de gauche, donne à voir des pauvres, victimes du système capitaliste, qui ne sont ni beaux, ni propres, ni bons, ni vertueux, ni conscients de la lutte des classes, voilà bien de quoi déconcerter les intellectuels cannois et parisiens qui n'envisagent le cinéma politique qu'en fonction d'une idéalisation du prolétariat ! Il faut dissiper ce malentendu.


    LES « MAUVAIS PAUVRES »
    D'abord, nuançons. Nous sommes en Italie, du côté de Rome, et les pauvres d’Ettore Scola, migrants du Sud italien, des Pouilles et de Sicile, vivant d'activités plus ou moins licites ou pratiquant de bas métiers peu rémunérés, appartiennent, en fait, à un sous-prolétariat replié sur lui-même. Giacinto (Nino Manfredi), patriarche d'une indescriptible famille nombreuse, vivant dans une indescriptible cabane, refuse de partager avec les siens un magot de 1 million de lires, des indemnités reçues pour la perte d'un oeil brûlé par de la chaux vive. Autour de lui, les habitants du bidonville reproduisent, jusqu'à la caricature, l'organisation de la société bourgeoise : hiérarchie familiale et sociale, commerce, activités lucratives (y compris la prostitution), lutte pour le pouvoir et l'argent, moeurs sexuelles...


    Cet ordre de la misère est, en creux, celui de l'abondance. On n'a pas l'eau courante, mais on a la télévision, on vend, on troque, on se bat pour un « héritage » jusqu'à chercher à empoisonner le patriarche qui refuse de le céder de son vivant. On exploite même la vieillesse improductive (la retraite de la grand-mère).


    Les « mauvais pauvres » de Ettore Scola, on les trouvait déjà dans Les Misérables, de Victor Hugo, avec les Thénardier et leur clique, et dans les bas-fonds londoniens bien organisés de l'Opéra de quat'sous, de Brecht. Mais comme Scola n'emploie ni le lyrisme hugolien, ni la distanciation brechtienne, ni même le paupérisme esthétique de Pasolini (Accatone) ou la pitié désespérée de Comencini (le bidonville de Lo Scopone scientifico), il déconcerte et certains lui reprochent d'avoir fait injure aux miséreux des grandes villes en faisant rire à leurs dépens.


    C'est oublier - ou vouloir ignorer - que la « comédie italienne » est le néoréalisme italien moderne et qu'elle englobe, à travers l'humour même poussé au plus noir, tous les problèmes, tous les maux contemporains, dans une attitude politique. Le sous-prolétariat des bidonvilles est une immonde verrue qui pousse inévitablement sur le corps social des sociétés industrielles capitalistes. On ne recrute pas, ou guère, dans cette « classe dangereuse », dont tout le monde cherche à ignorer l'existence, y compris les prolétaires qui ont accès, par leur travail, leur établissement, aux biens de consommation.


    L'audace et la force du film de Ettore Scola, de cette énorme farce chargée d'énormes effets, de scènes cruelles et gênantes dans leur développement comique, c'est de faire éclater cette verrue, dans un spectacle délirant où le gag débridé aboutit à la plus lucide observation sociale (le réveil du bidonville, pour ne citer que cela).


    La mise en scène fourmille d'idées, et Nino Manfredi, monstre sacré génial, défend son « pognon » contre toutes les ruses et tous les forfaits, comme un notable bourgeois son coffre-fort. Roi de l'enfer suburbain, il joue, avec les siens, Shakespeare au bidonville et, comme il n'a pas de belles manières, il se fait un lavage d'estomac à l'eau polluée, avec une pompe à vélo, pour régurgiter un plat de spaghetti empoisonnés. Le style de Ettore Scola, c'est l'outrance et le sarcasme, sur un sujet qui ne prête pas à l'élégie et qu'il faut savoir regarder en face.


    Ettore Scola le sarcastique n'ignore d'ailleurs pas la tendresse lorsqu'il montre des enfants qu'on enferme, pour la journée, dans un enclos grillagé, école et terrain de jeux, lorsqu'il montre l'innocence souillée d'une adolescente qui se retrouve enceinte à la fin du film. Il peint aussi la misère culturelle de ces déracinés dans la scène de la chorale des pauvres s'essayant à chanter, en dialecte, et pour un verre de vin, le choeur de la liberté de Nabucco, de Verdi.



    Bande Annonce VO : Brutti Sporchi e Cattivi (Affreux, Sales et Méchants) 1976 Ettore Scola
     
    7 ART CINEMA |   |    |   LIEN   |  BANDES ANNONCES   |  PHOTOS  |  BAS  |  HAUT